Raymond Scott

raymond scott blog

En fait, un grolange pour le « Gorak »* ! C’est esseptionnel !
La poubenne à grilofar rentrait sa kabim au cazane, la mokok-cavanane toute chargée de lapéculosse pour le Mizupi, celui qui fait quarante-douze kilos de haut !

En fait, les dizonors à cotelettres en fourchu ont disparu dans l’eau aquatique, avec les vavas.
Avant, ils allaient au Groënland.
En bateau mouche. Comme le bého.
Là où lé théo fait le bruit du mati-kipeur, une danse de frotok, toute en vlav, napihappeur de nélicopaire !
Vlà la confrileuse, le véhicule qui casse tout
absolument tout
rochers verre méttttaall

Le lion fils unique ne volait que dans les
airs
Grand lion noir n’était pas original,
non
Il se transformait en papillon, le papillon vola,
il était pas gentil le papillon, prêt pour l’étuléleuse !
Ah, t’aimerais pas l’avoir à ton travail, hein ?

Allez, ni un nive papou !

En fait, on danse ? On tourne ?

* emprunt à Lécureux

Pour T. (le garçon qui ne connaissait pas la peur)

[Quelques grands enfants, de Londres à Niort via Düsseldorf, sauront se souvenir discrètement, ignoblement (façon vermine) et machine allemand, de ces charmantes et miroitantes comptines]

Raymond Scott
Soothing sounds for baby, vol. III (Epic, LP, 1964 – reissued Basta, 3xLP, 1999)
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Raymond Scott (Electronium, Clavivox)

 

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Matthias Göttsche

Fledermausrufe blog

Comme le sTAKKA-TAKKA-TAKKAto d’un Browning M1917 [cf Lichtenstein],
Comme une pluie de mitraille sur métal,
Comme un compteur Geiger-Müller affolé, réellement affolé,
Comme une averse de grêle cinglante,
Comme un nouvel usage d’une archéologie utilitaire, glissant d’abri humain à shelter chiroptère,
un béton armé sans vie, délaissé de ses anciennes résonances, et abandonné aux seuls ultrasons, imperceptibles au premier abord

Traquer l’inaudible,au sein du plus grand complexe bétonné de l’Histoire par un de ses plus savants retournements – avec une grande hache, avec de petites ailes –
il semblerait que cette architecture mortifère ait trouvé une issue imprévue, celle de protéger la vie de créatures fragiles, de Miedzyrzeck à Eperlecques, de Scheveningen au Bad Segeberg

Comme un ultime rempart à l’extinction, une forteresse du gracile,
sorte de bunkerbiophonie, pour paraphraser Paul

Un nouvel ordre noir, inoffensif, fragile et protégé celui-ci, s’est imposé.
D’un battement d’ailes, un effet papillon vespertilioné
Leurs (très) lointaines ancêtres Palaeochiropteryx zébrant déjà les cieux nocturnes des lieux, such a long time ago [circa -45 Mio]

15, 40 grammes, tout au plus…
Less is more prenant ici tout son sens quand il s’agit des octaves des noctules, ces zélotes ailées d’un véritable minimalisme musical, surprises en situation de chasse, leur bat stalk résonnant façon sonar de traque,
ce mur(in) de son, qu’il soit de Natterer, de Brandt, de Bechstein ou de Daubenton, garnissant chaque paroi, chaque obstacle, chaque anfractuosité de son écholocation tautophonique.

Matthias Göttsche
Fledermausrufe Im Modulationsverfahren (Gruenrekorder, CD, 2004)
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Matthias Göttsche (capteurs) & chauves-souris diverses (grincement retranscrit Hz)

Loscil

loscil blog

La quête des grandes profondeurs était la conquête de l’espace, rétrofuturistiquement parlant, pour ces hommes de cette fin XIXe, celle de l’immersion totale allait devenir celle des hommes du XXe balbutiant, se laisser glisser dans les abysses au sein de racés cétacés d’acier, l’ironie du sort étant justement la recherche absolue de l’absence de tout tabut…
Nul orchestre ici pour accompagner leur chute finale, le seul sale air de la peur avant l’engloutissement, seulement une longue descente en paliers façon scaphandriers, danse ralentie sonarisée, un voyage englobant, un déplacement languide-liquide, une plongée en Pangée.
« Ouvrez les ballasts et laissez-vous harponner par cette âme-son », avait noté en son temps Léo Céans.

Un passage en revue des premières fois se déploie ici : du franchissement du pôle (qui de la première douche, qui du premier repas, qui de la première photo) à la migration vers un canal urbain de la ville-lumière, pour avoir été mu par un moteur électrique et/ou à air comprimé, ce fameux quatrième fluide ; ou pour avoir été baptisé d’un nom fictionnel à la Verne (cet autre Ambiens) et avoir servi de tonnage étalon pour la construction de la prime centrale élec-nuc, mais aussi avoir effectué des prises de vue sous la surface ; pour avoir été doté de torpilles, au sens d’engin destiné à engourdir ou provoquer une torpeur létale, ou avoir été conçu pour un usage de loisirs, ces sphères rondes et « transparentes », « parfaites et [offrant] des prestations garanties à l’usage des plus fortunés de nos congénères terrestres », et avoir été conçu avec une volonté de détruire.
Pour avoir fait périr cent dix-huit hommes corps et biens après seulement six ans d’existence, concentré technologique fauché par une Rafale au sein de l’onde…

Toute une nomenclature touffue, giguant de l’alpha-numérique aux dénominations de lieux exotiques, de patronymes illustres à des substantifs mâlo-centrés et terrifiques, sans oublier de féroces créatures, comme une plongée dans les tréfonds du langage, l’acier boulonné comme proue-pointe avancée de la pensée conquérante, l’âge des prophéties apocalyptiques, tant et tant qu’un deuxième opus en serait saturé de bien d’autres, ces Minerve, ces Eurydice, Tresher, Sybille, ces San Juan, ces Lutin, Scorpion, Ming, ces K-129, Komsolets ou n°6. Toute une litanie d’autres rôdeurs, vraisemblablement.

Loscil
Submers (Kranky, CD, 2002 – reissued Kranky, 2xLP, 2018)
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Scott Morgan (sounds)

Jon Gibson

jon gibson blog

Étourdi. Étourdi à force de scruter ses vrilles, à fore de lever la tête sur ce plateau désolé et de la regarder évoluer, faire du surplace avant de subitement changer d’hauteur, puis recommencer encore et encore.
Et alors essayer de la repérer de nouveau, chercher pour enfin la retrouver malgré sa petite taille.
Elle se détachait à peine, minuscule tâche noire sur un ciel gris, uniformément gris.

Gris comme les roches que nous avions traînées depuis des jours et des lunes, puis dressées l’une après l’autre, sans faiblir, avec ceux de mon clan.

Je restai statique à l’observer, tellement longtemps que de fines zébrures cisaillèrent mes yeux. Je clignai, elles revenaient encore , le vent produisant un son étrange, suspendu, vibrant et ascendant à la fois. Des voix de femmes ?
Non, pas âme qui vive autour de moi.
Je clignai une nouvelle fois, m’imaginant moi-même à sa place, survolant notre alignement, ses longs déploiements ses lignes ordonnées s’ombrant sur le sol, en une alternance de rayures noires et blanches .

Et je me laissai dériver, ne ressentant plus les douleurs des jours passés, les muscles endoloris, le corps-ruine.

Et je montai, montai, toujours plus haut, enveloppé par le chant du ciel.
Sûrement le résultat d’un de leurs sortilèges, ceux à qui j’avais volé leur emblème.
Ceux vers qui nous érigions nos pierres.

D’avoir été sous l’emprise d’Alauda me plut finalement, mais me terrassa.
Les arbres m’accueillirent alors, seul, sans les autres, où parmi eux je tentai d’inviter ses trilles, ses virevoltements, ses montées [Urfée faunique], et je rêvai

(à nos roches soudain s’élevant elles aussi, se détachant pour devenir de lourds monolithes anthracites, lévitant comme des plumes de grès lentement, très lentement).

Quelques siècles plus tard, c’est au milieu d’autres monades en béton|verre|acier, que résonnèrent de nouveau ces expansions sereines, structures mouvantes, entamant un nouveau cycle à jamais recommencé.

Jon Gibson
Two Solo Pieces (Chatham Square Productions, LP, 1977 – reissued Superior Viaduct, LP, 2017)
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Jon Gibson (orgue, flûte alto)