Dennis Duck

Un manège enchanté
Tournoyant sans interruption
High speed – low speed
Oui un véritable pillage appropriationniste, à la manière de NON
Variant de 33 à 78 rpm, et inversement
dans de furieuses collisions
Et déroule tout un pan du petit vingtième (qui débuta en faisant tourner les tables, et s’acheva en faisant de même avec les platines, plus marrant, non ?)
collé, trituré, scotché,
une sarabande effrénée et hypnotique puisant largement dans une disco(thèque) fracturée

Long ruban cinématique, plunderphonique, une théorie du piratage inséminée groove, gigantesque footage de gueule où s’abreuveront entre autres c’est sûr Laurie A. et Mr Q.
Et ce sens superbe de la syncope séminale jailli direct des roaring twenties
that spirit called jasssss man !
anticipant le vent qui danserait bientôt,
chantant le vent,
bondissant ce vent

Cristallisation sans flacon mais sous platine, moulintte de jingles oldies ruisselant diéthyllysergamide
de réclames vinylliques
de pressages pédagogiques
d’insertions tremblotantes à la HAL 9000,
tous rebuts gravés, si peu écoutés
promis ici à une seconde vie
car réassemblés en une rythmique folle sous haute filiation RESIDENTielle – the Beatles ! -, palingénésie orphique,

Comme si un parasite prenait possession d’une toupie, lapin Duracell à la voix hachurée

… BEAUTIFUL SYMPHONIES ARE OFTEN
CREATED FOR SIMPLE MELODIES
LIKE A BIRD, AND A CRICKET,
AND A WILLOW TREE…
… I WASN’T SCARED… NOTHING SCARY…
… THE STUDY OF MUSIC INSTRUMENTS IS THE SUBJECT FOR TODAY…

Une saillie pataphysiquo-pirate par microsillons interposés, qui postulerait
Yep – that’s what the name aardvark means… earthpig

Dennis Duck
Dennis Duck goes disco (LAFMS, C60, 1977 | reissued Poo-Bah Records, 2LP, 2006)
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Dennis Mehaffey (sons frankensteinisés)

Fluence

fluence blog

L’écoulement. L’écoulement du temps long qui se boucle et tournoie, l’étirement du paysage à travers la vitre du train qui file, qui file dans des plaines à la Moebius, dans un temps-Leviathan, enroulé sur lui-même et miroitant, un long ruban courant les dunes, cette chaleur tremblotante et si familière, j’avais 3 ans et si je l’avais perçue j’aurais tout saisi du futur antérieur, instantanément.

Mais bref, il était là, dans ce bolide traçant du Méridion, les tielles à l’abri dans son havresac (spicy et tentaculaires, ça devrait bien coller au projet ça), et dans ce balancement assoupissant il songeait à un Adam guévarisé façon Mickey l’Ange (ce serait une sacrée pochette, ah ça ouais!), trois fois répété et modifié, la trinité Bob / Phil / Terry,
en route pour Heldon où l’attendait Richard Cœur de Fer

Versant shiritori, ça le faisait penser au ferroviaire tiens justement, donc au principe de répétition, il y était en plein dedans : on y ajoutera une ritournelle oblique à siffloter, du genre qui s’imprime, et on laissera filer, filer, cousu main-piano guitare, le flux des machines. On y entendra finalement, si on y prête l’oreille, la bande originale d’un film qui ne se fera jamais, une que Jodo aurait adorée.
Play it slow…

Fluence
Fluence(Pôle Records, LP, 1975 | reissued Superior Viaduct, LP, 2020)
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Pascal Comelade (electronics), Richard Pinhas (guitar)

David Dunn

david dunn blog

Un phare, une multitude, une réserve : de ses fruits, de ses matériaux, l’homme en tira profit, en usa.

[il y a 412 ans… La journée avait encore été chaude. Ayelén s’était isolée, surplombant le pueblo du haut de sa corniche. C’était le moment qu’elle préférait, le soir venu, répétant une habitude que ses Anciens pratiquaient depuis ses siècles. Elle s’assit, dénoua sa sacoche de cuir et en sortit ce que son frère n’avait pu lui chiper, quelques pignons qu’elle grignota, méticuleusement, en fixant les étoiles. Elle sourit…]

[il y a 189 ans… IL s’assit, satisfait. Après plusieurs jours, il le tenait enfin en mains, dont la douceur au toucher contrastait avec la solidité. Ad s’étonna lui-même du poli de cet outil qu’il avait façonné. Demain, il allait s’en servir pour « retourner son lopin », « mettre sa charrue en terre ». Tant d’expressions ressassées chaque jour, obsessionnellement, par lui et les siens. Cette nuit-là, deadening, il rêva de maïs et de tabac…]

Tout affairées à sa besogne chitigneuse et métronomique, ce grain de riz à six pattes !
Un son caverneux, une rongeasse mandibulée, une vaste conquête en miniature, type méga-incendie dans une maison de poupée, qui couve, qui couve, un brasier insoupçonnable et retentissant qui se propage, se propage, frémit comme une casserole sur le feu, mijote, mijote, gagne en ampleur et jaillit de mille bouches insatiables, que de copeaux mastiqués !
La chair de l’écorce mise à nu en roucoulements langoureux, façon climax succions se déployant en copulations torrides et buccales dans un vrai festin burroughsien,
vibrant frémissement scolyte d’outre-espace.
Qui pourtant se laisse entendre, ici, tout près de nous.

[il y aura 391 ans… Ips confusus régnait en maître désormais, mais commençait à décliner. Le chant de la dévastation avait ravagé le piñon depuis des lustres : ni cônes, ni épines, ni fûts, il ne restait rien. Plus d’humains non plus, juste de l’humus. Les coureurs des bois avaient depuis longtemps laissé place aux perce-bois, qui étaient là bien avant eux, qui le seraient après.
Et cette ardeur, comme la lumière. Omniprésente.]

David Dunn
The sound of light in trees (Earth Ear, CD, 2006)
Site
Dendroctone du pin (sounds) | David Dunn (recorder)

Maurizio Bianchi (M.B)

mb blog

Tout en torsion de poutrelles tortorées au thorium,
un voyage au cœur du Pandémonium
Magma trituré atome [à la maison]
dans sa chambre (de confinement)
A la taille inversement proportionnelle à la tour éponyme

Echos répercutés sur surfaces bétonnées,
Compteurs affolés, ses aiguilles mutant élytres, parasités,
courbes des graphiques déchirées
Figure tronçonique [sonique?] jaune et noir exhalant ses râles, cénotaphe dédié au culte a ω doomsday,
totem de l’atome * rendu autonome et entamant sa décomposition lente,
ressemblant à ces vociférations naguère chantées par Elli Kronauer, ou l’un(e) de ses avatars,
un oïkos géobuildé aux dimensions d’un Jon Osterman surmonté d’un tumulus des temps futurs, à l’architecture-ronce hérissée.

Avertissement : afin de dissuader toute intrusion sur la zone, penser à intégrer au protocole Wiip une unité de diffusion sonore, autogénérée-détraquée, scandant muzak ad libitum.
A qui s’adressera-t-elle ?
Qui pourra l’écouter ? Et l’entendre ?
Et de se demander si ceux d’après ressentiront le même pouvoir de fascination que peut exercer sur nous cette lancinante et funèbre complainte, cette avalanche de boue contaminée à haute charge hypnotique, jetée à l’hideuse grimace de l’Avenir ?

M.B comme
MOTORIK. BECQUEREL
MISSILE. BALISTIQUE
MALEPESTE. BORDEL
MARGOUILLIS. BOUILLON
MONUMENT. BRILL
MASSIVE. BATAILLE
MICA. BÉTYLE
MONDRAIN. BLANC
MAUFAIT. BOURRASQUE
MASTABA. BICONCAVE

MAURIZIO. BIANCHI

*selon l’expression vulcanisée par Claude Parent

MB
NH/HN (Grafika Airlines, C60, 1981 – reissued 2010)
Site | Listen / écouter 
Maurizio Bianchi (electronics, tapes, drum machine)