New Music For Electronic And Recorded Media

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D’ordinaire réservé au cinéma, cet opus a tous les oripeaux du documentaire : témoigner, à un moment donné, d’une réalité. Faire rapport. Une photographie à l’ins-TEMPS T.
Et tout le génie de cet homme, goûteur de sons, jouisseur de mots, est d’avoir poli toutes les facettes de cette gemme heptaèdre, de leur avoir donné la voix tout d’abord, d’avoir rassemblé dans un même élan collectif ces trajectoires singulières, tous ces « esprits autres » réunis en une même individuation.
Comme la pochette, « all-over » de l’imperium, rouge, repartir de ZÉRO, ne retenir que ce qui est NOUVEAU, NOUVEAU, NOUVEAU, comme l’I d’Arthur
« pourpres, sang craché, rires des lèvres belles / Dans la colère ou les ivresses pénitentes »

Inventaire / énumération / nomenclature
Tableau audiogyne en cette année palindromique, juste prendre acte à sa manière d’une émancipation en action, cet art media émergent ayant valeur de libération-du-groupe-à-guitare-genré, peut-être, obtenue via divers vecteurs musicaux, réappropriés et réassemblés.
Voici alors, à peine imaginé, ce qu’en aurait chroniqué les glorieuses soeurs d’Ah ! Nana :

Surgit la convocation d’une bande-son céleste infusée aux Amazing stories, prémisse pré-atomique faisant virevolter les pin-ups pulp en prise avec Ming, une jungle synthétique tapissée d’explosions sourdes et de friselis artificialisés, un double dynamitage des conventions sociales et musicales, opéra cosmique sous la houlette Packard, un bastringue de synthèse folktronic miroir biface passé-futur, une cavalcade furieuse dans une prairie tissée de câbles cobalt connectés, suivie d’une méditation prolongée, assoupie mais consciente, des effets du miroitement frappant les Tunnels du soleil (dans le désert cette fois, à quelques encablures des étendues herbeuses pré-citées), les soucoupes lumineuses coulant sur la peau, avant le retour terminal vers la frénésie urbaine, façon satire spoken, cheers !

Soit une kyrielle de fourmillements sorcièrement en avance sur son époque, phalange d’Ahès annonciatrices de (tant) de voies à venir…

Various artists
New Music For Electronic And Recorded Media (1750 Arch Records, LP, 1977)

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Johanna M. Beyer (Electronics : Donald Buchla / Electronics : Brenda Hutchinson / Ensemble performed by The Electric Weasel Ensemble / Synthesizer : Allen Strange, David Morse, Stephen Ruppenthal / Triangle : Charles Amirkhanian)
Annea Lockwood
Pauline Oliveros
Laurie Spiegel
Megan Roberts (Drums : Danny Sofer / vocals : Phil Loarie, William Novak)
Ruth Anderson
Laurie Anderson New York Social Life (Tambura : Scott Johnson / Voice, Performer [Telephone] : Laurie Anderson)
Laurie Anderson (Guitar, Organ : Scott Johnson / Voice, Violin : Laurie Anderson)

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Big City Orchestra

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Lisez attentivement ce qui va suivre : à la sempiternelle rengaine « Quel est l’album que vous emporteriez sur une île déserte ? », détournez ce marronnier et privilégiez-lui le combo présent, élargissez le point de vue et préférez-lui cet archipel sonore.
Ou cette ville-capitale-monde, devenue île sur le tard [à la meda]

Imaginez une production plurielle, s’étendant su plusieurs décennies sous la même bannière constellée, un lichen proliférant, une mérule tentaculaire, une colonie bienveillante (façon plantes), un Rauschenberg musical dont la partie immergée dissimule un continent absent de toute cartographie connue, si ce n’est la numérique, bizarrement quasi-inaudible aux oreilles de l’époque (l’avenir lui saura s’en souvenir).

BCO – et tous ses antonymes- ou l’autre nom d’un vortex bien humain, vaste tentative de phagocyter tous les styles et genres, gigantesque chimère composite, amalgame shazam tantôt de ragga zinzin, de variété détraquée, de jazz patraque,
tantôt de folk étique, de prises de sons brumeuses, de psychedelia flageolante,
tantôt de drone caverneux, palimpsestes de voix, surcollages circulaires ad libitum,
la fameuse sono mondiale, them !

Quelques grands enfants, donc, une centurie d’Anges rieurs établie de longue date sur la dernière frontière, se relaient inlassablement depuis trois décennies pour bâtir leurs architectures d’une nuit, alignant cubes en bois et architectures molles pour mieux les disloquer. et recommencer dès la lune suivante.
Rien de mieux que la table musicale rase, les reconstructions sans fin sur sable, les plus solidement éphémères !
Pas étonnant que ce soit là, au bord de la faille, que se soit établie cette corporation polymorphe et souterraine, ce collectif de Géo Touche-à-tout sonnant comme une réplique assourdie de la Société de Musique Libre Angeline, un cousin caché arborant le même T-shirt frappé de la devise Dérision – Destruction – Diffluence.

Tout dada, quoi, mais en California.

Big City Orchestra
Arc Of Infinity (Harsh Reality Music, C60, 1987 – reissued CD, 2000)
Planet Of Giants (Peuleschille Tapes, C60, 198?)
Myth Makers (Nihilistic Recordings, C60, 1987)
Fog Music – 8 (Aural Films, FLAC, 2014)

Site | Listen / écouter

Équipage (au fil des ans) : Alan Herrick, AMK, Ann Dentel, Annie Vikart, Brook Hinton, Cait McWhirr, Cliff Neighbors, Cyoakha Grace, Daevid Allen, Dan Burke, Das, David Gardner, David Hannible, Dr. Welward Hazer, Edward Ka-Spel, Fausto, Fruit Loop, Tape Loop, God’s Grandparents, Gustavo Pastre, Jason Doerck, Jesse Burson, Jonathan Segel, Ken Reyes, Kerri Pidnow, Khar-Nar, LOB, Mark Gunderson, Mark Metz, Marlo Eggplant, Nasi (Heartrate), Ninah Pixie, Otis Fodder, Pete Leeming, Peter Martin (5), Phil Knight, Relentless, Rob Wortman, Russ Kent, T-Bone Juju, The Univac Index, Tina Shaffer, Toby Hardman, Tom Andrews, Twisted Kitty, Univac, Victor Krummenacher, Werner Slack, Your Host Bobby

Raymond Scott

raymond scott blog

En fait, un grolange pour le « Gorak »* ! C’est esseptionnel !
La poubenne à grilofar rentrait sa kabim au cazane, la mokok-cavanane toute chargée de lapéculosse pour le Mizupi, celui qui fait quarante-douze kilos de haut !

En fait, les dizonors à cotelettres en fourchu ont disparu dans l’eau aquatique, avec les vavas.
Avant, ils allaient au Groënland.
En bateau mouche. Comme le bého.
Là où lé théo fait le bruit du mati-kipeur, une danse de frotok, toute en vlav, napihappeur de nélicopaire !
Vlà la confrileuse, le véhicule qui casse tout
absolument tout
rochers verre méttttaall

Le lion fils unique ne volait que dans les
airs
Grand lion noir n’était pas original,
non
Il se transformait en papillon, le papillon vola,
il était pas gentil le papillon, prêt pour l’étuléleuse !
Ah, t’aimerais pas l’avoir à ton travail, hein ?

Allez, ni un nive papou !

En fait, on danse ? On tourne ?

* emprunt à Lécureux

Pour T. (le garçon qui ne connaissait pas la peur)

[Quelques grands enfants, de Londres à Niort via Düsseldorf, sauront se souvenir discrètement, ignoblement (façon vermine) et machine allemand, de ces charmantes et miroitantes comptines]

Raymond Scott
Soothing sounds for baby, vol. III (Epic, LP, 1964 – reissued Basta, 3xLP, 1999)
Site | Listen / écouter
Raymond Scott (Electronium, Clavivox)

 

Matthias Göttsche

Fledermausrufe blog

Comme le sTAKKA-TAKKA-TAKKAto d’un Browning M1917 [cf Lichtenstein],
Comme une pluie de mitraille sur métal,
Comme un compteur Geiger-Müller affolé, réellement affolé,
Comme une averse de grêle cinglante,
Comme un nouvel usage d’une archéologie utilitaire, glissant d’abri humain à shelter chiroptère,
un béton armé sans vie, délaissé de ses anciennes résonances, et abandonné aux seuls ultrasons, imperceptibles au premier abord

Traquer l’inaudible,au sein du plus grand complexe bétonné de l’Histoire par un de ses plus savants retournements – avec une grande hache, avec de petites ailes –
il semblerait que cette architecture mortifère ait trouvé une issue imprévue, celle de protéger la vie de créatures fragiles, de Miedzyrzeck à Eperlecques, de Scheveningen au Bad Segeberg

Comme un ultime rempart à l’extinction, une forteresse du gracile,
sorte de bunkerbiophonie, pour paraphraser Paul

Un nouvel ordre noir, inoffensif, fragile et protégé celui-ci, s’est imposé.
D’un battement d’ailes, un effet papillon vespertilioné
Leurs (très) lointaines ancêtres Palaeochiropteryx zébrant déjà les cieux nocturnes des lieux, such a long time ago [circa -45 Mio]

15, 40 grammes, tout au plus…
Less is more prenant ici tout son sens quand il s’agit des octaves des noctules, ces zélotes ailées d’un véritable minimalisme musical, surprises en situation de chasse, leur bat stalk résonnant façon sonar de traque,
ce mur(in) de son, qu’il soit de Natterer, de Brandt, de Bechstein ou de Daubenton, garnissant chaque paroi, chaque obstacle, chaque anfractuosité de son écholocation tautophonique.

Matthias Göttsche
Fledermausrufe Im Modulationsverfahren (Gruenrekorder, CD, 2004)
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Matthias Göttsche (capteurs) & chauves-souris diverses (grincement retranscrit Hz)