Thomas Köner

novaïa zemlya

Jamais autant la guerre ne fut froide qu’en ce lieu bouleversé par l’arrogante Vanya.
Ceci nous est dit ici, dans cet univers glacé, figé, où ne subsistent que lambeaux d’échos déflagrants, et traces de paroles grésillées, voix blanche nasillarde filtrée par le masque, machinique.
Et c’est un autre vent, tout autre que celui balayant d’ordinaire la surface immaculée de cette Nouvelle Terre [ноая земпя] qui est là captée, sismographiée. Ni buran, ni williwaw, ni takn ou stikine, celui-ci est brûlant, dévastateur, titanesque. D’origine humaine, perpétré probablement par les descendants des Promychlinicki, qui ont à leur tour décidé de continuer plus avant leur prédation.
Nous est livrée ainsi une espèce de cartographie sonore, presque feutrée, où surgissent les spectres d’une fête foraine terminale, des phoenix d’artifice, un solstice sacrifice, un infra-monde terminal, une image-réalité sous la forme d’un immense périmètre suprématiste au sol, carré blanc sur blanc.
Fureur au septentrION.

Thomas Köner
Novaya Zemlya (Touch, CD / www.touchmusic.org.uk)
Enregistré et produit par Thomas Köner

Publicités