The Dreams

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Le voyage en ces contrées étranges et moites commence par de l’antik rock, percussif, choeurs au diapason, l’attente avant la bataille, avant de s’évanouir dans les nuées. Déjà ? Place donc au duel, guitare-onde de chaleur, claudiquement sous soleil de plomb – même les cactus semblent rongés de tant d’acidité – le condor, étrangement, oscille comme une mouche privée d’ailes : est-ce le son du serpent stressé dans ses serres ?

Non, c’est une rumba orgiaque, à la syncope metzcalée bien profonde qui barre le paysage, coeurs légers s’abstenir, car tangage sémiotique et haute décharge sexuelle en vue ! C’est la fête, les corps dansent et s’agitent en une Saint-Gui furibarde, au final très enlevée. Enfin, comme peut l’être un bayou sub-cloaquant, qui s’y meut s’y enlise !

Vite, vite, gagner les frondaisons, toutefois sans rémission, car grimper signifie se rapprocher du séraphin qui n’épargne rien. Nous sommes proches du Tropique, rappelez-vous. La canopée est-elle le refuge idéal pour nos deux tourtereaux, car en guise de duo lover nous comptons 1) une virago prêtresse, 2) un desperado fearless, têtes brûlées tatouées ni dieu ni etc, et leur quête désespérée de tourner au vinaigre – encore l’amertume -, qu’il fait froid dans les cîmes, et cette humidité pourtant qui colle aux frusques… Et puis là, changement de braquet, cavale au Transvaal (y’a peut-être de l’or à s’faire ?), toujours ce sabir hybride, mais peu importe la langue, la seule vérité est celle de la chair, les corps ondulent de növö, tout réside dans l’énergie incantatoire, la transe hyp-no-tique-tac-tic-tac tum-tum-ffeww- ta ta ling – ad libitum version Amazone, car oui, en fait, nous qui nous croyions en Afreak, c’est bel et bien ailleurs qu’il fallait frayer, plus à l’ouest, là où Cortez et tout son saint-glinglin ont foutu leur bazar pour le moins bizarre, du côté des Caraïbes humides, mangroovides, voodooïdes. Morbides sont les nuits sous ces latitudes lascives, juste le temps de rallier fissa le hub dub pour une croisière rase-mottes en territoire ensauvagé, de ceux qui font fuire les touristes / rire les ethnologues, décorum boucs et pythons-Dan, regards sensibles détournez les yeux et ouvrez grandes les oreilles, bave aux lèvres et trousses de survie vidées de leur substance, ne reste plus qu’à se laisser envoûter par la réverbération nocturne et lysergique.

A noter que ce long courrier est affrété par la Grande Triple Alliance Internationale de l’Est, pourvoyeur d’embardées aztèques en tout genre, embarquement immédiat, retour délicat, trajectoire vagulaire…

The Dreams
Morbido (Kill Shaman Records, LP / http://killshaman.com)
The Dreams are Armelle (synths) & Nafi (guitars) / (2011)

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