Alan Lamb

Primal image blog

Me reviennent ces images de l’homme chevauchant le long des prairies désertes, balisées par ces tours de métal ajouré, squelettes de la modernité rendus à leur antiquité et reliés les uns aux autres par de longs fils détendus…

Surgissent également ces paroles de Daniel Caux évoquant la genèse des compositions de La Monte Thornton Young quand, enfant, le son transporté par les câbles télégraphiques couturant la plaine idahesque fut l’une de ses expériences auditives marquantes…

Pur extrait d’un flux continu qui par définition ne s’interrompt jamais, engendrant sa propre tension dramaturgique, sans début identifié, sans fin connue, un espace sonore sans rupture, une vibration qui a tout au plus un siècle et demi d’existence mais qui curieusement demeure l’écho immémorial du bruit des sphères. Ce son était là, depuis longtemps, chargé de haute technicité, mais nous ne l’entendions pas jusqu’à Tesla (tiens, comme l’unité T, parfaite symbiose du symbole et de la forme).

Ambre jaune / le soleil / le vent – lequel ? ils sont environ 150 à parcourir le monde en tout sens, brickfielder semble le plus approprié, à moins que ce ne soit notus, bien sûr – / Io sous son enveloppe charnelle / « Primitif » / « Beauté », il semble que nous tenions là un précis parfait gorgé de mythologie.

Dénudés, les « fils chantants » comme les surnommèrent les Noongars, abandonnés, les totems de fer, demeure ce vaste théâtre à ciel ouvert, scène scandée par l’alignement des pylônes, décor fantôme hantant la lande, constellé de détonations d’étoiles noires, très noires, du style LIGHT AMPLIFICATION BY STIMULATED EMISSION OF RADIATION, pi-ouuww, pi-ouuww…

Alan Lamb
Archival recordings (Dorobo, CD, 1995)
http://wiredlab.ning.com / www.sounddesign.unimelb.edu.au/
Alan Lamb : capteur via microphones de fils électriques, vent, vaches

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