Call Back The Giants

the marianne blog

Dérive infinie… Caquètement des mouettes, seules compagnes entre ciel et mer… Excepté le soleil, hein Fletcher ? Celui qui fait miroiter ce qui te tient lieu de surface mouvante, iodée. Corrosive. Qui te ronge l’âme, te fais miroiter mille et un avenirs possibles. Qui te colle un mal de crâne insidieux, sueur et eau mêlés. Vert écume. Mirages liquides.

Peu importe : en larguant tes amarres, tu savais le retour non pas tant impossible, mais impalpable, glissant, fuyant le long de tes doigts. De toute façon, ce sont les chaloupes qui s’échouent, pas les hommes, tu devais te dire. Vieille rengaine. Les hommes jouent, eux, avec tout ce qu’ils trouvent, c’est ce qu’ils savent faire de mieux, non Fletch ? De plus honnête, en tout cas.

Tu en étais là, mon vieux, au beau milieu de cette symphonie (mentalo)-electronautique, à tenter de chasser ces étranges voix, de celles qu’on perçoit alité, entre rêve éveillé et stase malade, qui tournent en rond, imperturbablement, comme ces cercles que tu crées du bout des rames, un, puis deux, puis trois, et encore, qui s’évanouissent, puis réapparaissent.

« Qui d’autre est avec moi ? » as-tu dû murmurer, et seul a dû te répondre Celui-dont-tu-portes-le-nom, va savoir.

A tes antipodes se dessinait pourtant une autre liberté capitaine, mais toi et ta cohorte n’en sauront rien, vous qui avez gagné ces cailloux vierges depuis peu. On les imagine bien, vos folles gigues sur le sable, criant sous le soleil « this land is ourland », paroles que n’entendent que les mouettes, le soleil,
l’océan… Aguirre mood.

Call Back The Giants
The Marianne (Kye, LP, 2013)
http://kyerecords.blogspot.fr/
Tim Goss : voix, musique

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