Walter De Maria

WDM blog

« I made one tape in ’64 of drums and crickets which unfortunately I haven’t played, and then I made one last piece in 1968 with the ocean and drums. So I made two drum compositions.(…) »

La première fois que j’entendis parler de cet homme fut à la lecture de ce commentaire : « Sculpteur conceptuel (il a creusé des trous dans le désert). »
Lapidaire.
Se confronter à l’environnement, tracer un sillon, puis l’entretenir, encore et encore, le creuser sans fin, y imprimer toute son énergie, comme une impression de répétition ? mais non, juste trouver la bonne respiration, le beat, histoire d’étirer le temps, l’étendre indéfiniment.

Délaissant l’étendue-désert pour le refuge-studio, la poussière pour la Bay Area, l’approche est similaire, construction en miroir, infusant aux deux plages de ce manifeste du minimal un reflet parfait, une réverbération, selon le schéma suivant :
a) une abscisse, colonne percussive véhiculée par un roulement de caisse céruléenne
b) une ordonnée, chant des horizons, incarnée ici par les locustes, là par Océan.

Soit deux facettes rorschachiennes d’une même échappée libre chaloupée West Coast, Cricket Music cymbalé peu à peu grignoté par les stridulations des caelifères jusqu’à la fusion totale / \ Ocean Music débutant par un long et lancinant ressac fracassé sur solo déchaîné, toutes peaux tendues (souvenir de son comparse La Monte Young « N’écoute les mots d’aucun homme; n’écoute que les sons du vent et les vagues de la mer » ?), un avion / un Arion se partageant le bruit de fond.

Et demeure ce mystère : ces sillons d’acétate furent les seules tracés, les mains allaient remiser les baguettes pour la craie, et balafrer d’autres espaces, physiques, de terre, de sable. Parenthèse de l’équation musicale, le balisage plastique de reprendre le relais.

« (…) Later these tapes fell into the hands of some recording engineer who put out an album called « Environments » with the sound of the ocean on one side and (a very successful album) the sound of birds on the other. Well, that’s just a little story neither here nor there. But I basically stopped in ’68. »
in Oral history interview with Walter De Maria, 1972 Oct. 4, Archives of American Art, Smithsonian Institution

Walter De Maria
Drums and nature (Not On Label,  7″, 1969 – reissued 2000)
www.ubuweb.com
Walter De Maria (batterie), Tony Conrad (production), mer & criquets

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