Bill Fontana

Bill Fontana blog

que l’on souligne cet émerveillement : pouvoir graver ce qui semble être la bande-son de notre monde bien avant son apparition, et fort probablement après notre effacement, ou constater l’état d’impossibilité absolue de cette situation sans chants d’oiseau [ces « premiers musiciens du monde » selon la vision messaienique], ou roulis d’océans.
Exacte définition du continuum, flux sans vraiment de notion de commencement, et sans raison de finitude, n’était ce gros con de Mao et sa funeste campagne, sans suite heureusement.
Chant perpétuel donc, mais aux variations infinies, phonographies subtilisées en temps réel, sans cesse réinventées, une world music wordless, répétant ad libitum la ronde des amours, la quête de nourriture, la sensation vitale.
Épeler chacun des noms vibrionnants, ensuite : Centrocercus urophasianus, ou Tétras des armoises :: Mammoth Lakes, Mono County :: Pseudacris crucifer, ou rainette crucifère :: Picus veridis, ou pic vert :: Adirondack Mountains, comme un pérégrin au milieu des pépiements, à guetter leur surgissement aléatoire.

Tendre l’oreille, donc : une totale immersion panoptique dans un environnement qui ne souffrirait plus d’être vu, mais uniquement entendu, un aveuglement consenti en quelque sorte à contempler une sculpture impalpable sans objets, sans matité autre que sonore (ah, ce chant pendulaire de la grenouille ! Et la coloration aquatique de la grouse !), avant de se clore sur un déferlement eau sur roches, comme une roue sans fin, le bouillon originel.
Nous portons l’âge de cet environnement, comme un disque dont le dernier sillon serait sans

Bill Fontana
Field Recordings of Natural Sounds (LP, 1983, Sierra Club)
http://resoundings.org/
Bill Fontana (recordings)

Publicités