NASA Voyager recordings / Joe Jones

Symphonies of the planets blog   Joe Jones

 

 

 

 

 

L’espace bourdonne, vrombit, et nulle oreille ne l’a jamais capté en direct, mais l’a entendu, par le truchement de magnétomètres, oscillateurs, paraboles et antennes.
Ou plutôt l’a reconstruit, schwitterisé une myriades de débris et l’a recomposé, le rendant audible. Comme une interprétation, au sens premier du terme.

Des étirements suspendus non destinés à être ré-écoutés pareillement, dans les mêmes circonstances, tels quels, mais aussi dans ses facettes et miroitements, just one shot. L’autre, s’il y en a, sera forcément différente.
Tout comme la suivante. Et toutes celles à venir.
En somme, une incarnation de la véritable improvisation – mais sans nulle
assistance humaine pour la porter – un flux constamment présent, abolissant son propre commencement et niant sa finitude, s’auto- engendrant.

Ils sont, ils sonnent. Via die Sonne.

INTERIEUR < cellule pressurisée, fort Sagan volant, emportant un sampler de la quintessence musicale humaine supposée – au sens classique du terme,
Louis A., Blind Willie J. et Chuck B. étant les quasi seules incartades « modernes » – si ce n’est, par un détour ironique, cette entorse au sens commun en ouvrant la voie à l’altérité géophonique et zoophonique – chants d’oiseau, écoulement de l’eau, concentré du spectre naturaliste. Toute production gravée sur un somptueux laser disc pelliculé or censé être perçu à quarante millénaires d’ici…

EXTERIEUR > centurie d’enregistreurs & détecteurs rayons / plasma, convertisseurs & récepteurs PWS / PRA aptes à traduire le plasma en ondes sonores, à labourer le champ magnétique, de l’alchimie pour les ouïes, oui les Géantes chantonnent, résonnent et rayonnent, oui elles vocalisent, tritonisent même, comme on pourrait dire qu’elles neptunisent ou uranisent.
Dans le vide immuable, baigné par cette Radio Free Galaxy, branchée en direct sur ce mix H / He ionisé porté à six mille degrés.

AU SOL _ ombrelles héliotropes corollées face ciel, reliées à des marionnettes-percussions, tout un bazar rogue art aléatoire; plus la nitescence est massive – Sol Invictus – plus rageusement seront martelés tambura et zitar, laissant à l’homme comme celui de la sonde le rôle d’observateur / accompagnateur de cet Apollon brillant, jouant à un ping-pong malade contre un grillage chauffé à blanc, et ruisselant sur le silice de la plage (éclipse et nuées évidemment malvenues).

Toutes étendues sonores que l’on pourrait synthétiser d’un signe : celui d’un cercle contenant un point, tournant ad libitum sur son axe.

NASA Voyager recordings
Symphonies of the planets (LaserLight Digital, 5 CD-box, 1993)
Lien :: Ecouter / listen
Ondes électromagnétiques

Joe Jones
Solar Music At Sierksdorf, Ostsee (? Records, CD, 2001)
www.hundertmark-gallery.com :: Ecouter / listen
Orchestre solaire

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