Le brame des cerfs

le brame des cerfs

Eructation, râle frontal à la démesure de tes abbatures, tu rues dans les brancards en un fol hallier, basse-taillant sous la canopée ta symphonie sylvestre suintant le sexe en (r)ut majeur, comme si ton gosier était la caisse de résonance d’une structure métallique toute en torsion grinçante, gavé d’écus concassés

Gaffe à l’élaphe !

Toi, caput-lignum chantant à tue-tête-de-bois, réelle forêt-qui-marche, altière, haletante, les Magdaléniens t’ont imité via appelants puis appeaux interposés, tu berçais leurs rêves de grottes ornées, quand surgissaient nuitamment les cohortes de cervulos traînant leurs bêtes enchaînées, vociférant à la lune, aux étoiles; et puis, au temps où Berthe filait, on y entendait la Faucheuse galoper, ou la richesse déferler quand la futaie grondait de tes échos d’ico; on traquera même tes cornes vertueuses pour les transformer en colifichets aphrobaisiaques comme dit l’autre, tu imposes le silence autour de toi puis le déchires abruptement, atem ancestral qui nous relie directement, sans modification, aux époques les plus lointaines, un cri-ployeur de temps, peut-être le son a-électrique le plus excitant et enfiévré jamais entendu, oui toi, le spectre hurlant des selves une quinzaine l’an, totem nocturne du noise guttural, pour cela, nous n’en finirons jamais de te chanter…

Le brame des cerfs
Forêts d’automne (Frémeaux & Associés, CD, 2007)
www.fremeaux.com :: Listen / écouter

Hurlements divers de cervidés

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