Francisco Lopez

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Mille-feuilles bruissantes, écouter le vent c’est s’obliger à précautionneusement percer toutes les couches sonores simultanées, une organisation en strates, une géologie aérienne et impalpable, sans rupture, constamment ressassante. Sûrement, le son séminal [souvenir personnel et apollinairien, celui qu’il propage dans les pins].

Toute la tension réside là, entre enflement paroxystique et rétractation soudaine, jusqu’à sa lente déclinaison vers l’apaisement, résolution finale vers toujours plus de silence.

Marée céleste, enveloppante/effrayante, charriant ses myriades de particules poussiérées
[elle pourrait le faire sans heurt
C’est sans compter toutes les membranes rencontrées – arbres, élévations, pierres, constructions, talus & végétaux – sonarisant cet élancement incessant, invisible et pourtant si présent, occupant l’espace dans toute sa complétude.
Car il ne se chante que dans les obstacles rencontrés, ses intercesseurs, le vent, toujours le vent, quelque soit le nom qu’il lui soit donné, pampero, zonda, ou williwaw, dans sa version catabatique.

L’effet ? Comme des milliers d’épingles orguestalinisées à fréquence haute, , sur un angle disons de 32 °, grimaçantes et rieuses, pulsées de la bouche d’un séraphin joufflu.
Tantôt fantasque et lancinant, effrayant et enivrant, celui surgi de nulle part et qui passe sans jamais annoncer sa dissipation, il demeure le culbuteur de TOUS nos sentiments.

Francisco Lopez
Wind [Patagonia] (and/OAR, CD, 2007)
http://www.and-oar.org :: Listen / écouter

Francisco Lopez (enregistrement de vents argentins)

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