Peter Cusack

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Tchernobyl Death

A l’orée du bois, la végétation avait des convulsions

Un son radiant tâtait les moindres formes ;
l’étouffement était viscéral [sous cloche d’Oukughe],
l’air inconnu de l’univers régnait, les astres s’étaient
enfuis, l’Enfer manifestait, rien ne pouvait plus
s’échapper, les histoires sans fin s’arrêtaient, les
secondes n’étaient plus les mêmes et leur origine
semblait lointaine, le temps linéaire s’était évaporé avec
ses mécanismes, la géométrie d’Euclide s’était néantisée

Grande rayure sur la carte de l’Europe
Petite tâche du repaire des Nibelungen
Les mutants creusent des terriers géants
Rien à espérer, H-death, keel-over night
(un monolithe saignant dans la tête)
Description du sarcophage : 135 tonnes de lave, 10
tonnes de combustible finement divisé, 35 tonnes
de fragments de cœur, 64 000 m3 de matériaux
radioactifs, 10 000 tonnes de structures métalliques,
800 à 1 000 tonnes d’eau radioactive

Pour limiter la contamination de la nappe phréatique :
Sol gelé autour du réacteur par injection d’azote liquide

Licht ! Mehr Licht
Das Einzige Licht

in Grand Rock, de Charlotte Rr Ganache, Partycul System, 2015

Se souvenir de cette terre momifiée par la rongeasse au corium, vaste espace des tourments, terminus radieux comme choisit de l’exhaler quelque littérature post-exotique
Se souvenir en y prélevant des surgissements de quasi-silence, en y écoutant les suppliques des semi-fantômes le peuplant, en y noircissant ces carnets de guerre lasse aussi, un autre moyen pour ne pas oublier [un très fraternel merci à Charlotte Rr Ganache pour m’avoir accordé de publier ce texte en illustration du recueil de Peter Cusack]

Peter Cusack
Sounds from dangerous places (Recommended Records, CD+book, 2012)
http://sounds-from-dangerous-places.org :: Listen / écouter

Peter Cusack (audio & sound journalism)

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