Jon Hassel / Brian Eno

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Avez-vous jamais rêvé de créer une nouvelle couleur ?
Une qui n’existerait pas encore, en devenir, et en plus la nommer, la caractériser, lui conférer une densité, une matière ?

C’est sûrement cette idée qui baigna ces sessions captées au plein centre de l’univers alors connu, il y a quelques années, il y a déjà une éternité.
Et pourtant, si éloigné ou proche de nous, demeure ce sentiment d’écouter un son unique, échappant à toute comparaison, comme s’il n’avait jamais été entendu auparavant, et même depuis, un peu comme la découverte d’un nouveau monde, si étrange, dont deux pionniers nous fourniraient une carte sonore sous forme de médiation, avec ses imprécisions, ses tâtonnements, mais dont on retiendrait les merveilles, les chatoyances, persuadé de l’avoir toujours fréquenté, mais avec cette impression renouvelée de le percevoir pour la première fois, l’émerveillement de fouler un territoire vierge, encore et encore, libéré de toute mémoire, qui s ‘épanouirait là, giclée présentiste nourrie d’influences, mais sans passé, pétrie d’horizons à l’avenir incertain, une flèche du temps enroulée sur elle-même, concomitamment circulaire et parallèle, à la fascination perpétuellement réenchantée.

Alors, ce prisme ? La couleur de l’harmattan, peut-être, feulement ouaté prim.-fut. Venant du désert rose, bleu, jaune, orange, ou celles de sirènes de navires ilôtant sur le Nil blanc, climat virant au jaune, rose, orange, bleu, ou « couleur café  du futur » selon l’expression toopienne, soit le fait d’organiser l’entropie sonore globalisée, ce fameux mégamix tant désiré.
Synthèse déroutante en tout cas, mais à vous de la déterminer après tout.
Rêve des origines, printemps du monde-Téthys, figure congaquatique, musique de l’enfance…

Une dernière impression, qui saute à l’oreille : cette propension de nos deux larrons à pulser des instants saisonniers, l’été en ce qui nous concerne ici. Faites le test.

Jon Hassel / Brian Eno
Fourth world vol. 1 – Possible musics (EG Records, CD, 1980)

Site | Listen / écouter

Jon Hassell (trumpet, Prophet 5 touches, loop, ARP loops), Brian Eno (background cloud guitars , Prophet 5 « Starlight » background, high altitude Prophet, rare MiniMoog & treatments), Percy Jones (bass), Naná Vasconçelos (ghatam, congas, loop drum), Aïyb Dieng (ghatam, congas), Michael Brook (bass), Paul Fitzgerald (electronics), Gordon Philips (handclaps), Andrew Timar (handclaps), Tina Pearson (handclaps), Jerome Harris (bass), & night creatures of Altamira

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