David Dunn

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Un phare, une multitude, une réserve : de ses fruits, de ses matériaux, l’homme en tira profit, en usa.

[il y a 412 ans… La journée avait encore été chaude. Ayelén s’était isolée, surplombant le pueblo du haut de sa corniche. C’était le moment qu’elle préférait, le soir venu, répétant une habitude que ses Anciens pratiquaient depuis ses siècles. Elle s’assit, dénoua sa sacoche de cuir et en sortit ce que son frère n’avait pu lui chiper, quelques pignons qu’elle grignota, méticuleusement, en fixant les étoiles. Elle sourit…]

[il y a 189 ans… IL s’assit, satisfait. Après plusieurs jours, il le tenait enfin en mains, dont la douceur au toucher contrastait avec la solidité. Ad s’étonna lui-même du poli de cet outil qu’il avait façonné. Demain, il allait s’en servir pour « retourner son lopin », « mettre sa charrue en terre ». Tant d’expressions ressassées chaque jour, obsessionnellement, par lui et les siens. Cette nuit-là, deadening, il rêva de maïs et de tabac…]

Tout affairées à sa besogne chitigneuse et métronomique, ce grain de riz à six pattes !
Un son caverneux, une rongeasse mandibulée, une vaste conquête en miniature, type méga-incendie dans une maison de poupée, qui couve, qui couve, un brasier insoupçonnable et retentissant qui se propage, se propage, frémit comme une casserole sur le feu, mijote, mijote, gagne en ampleur et jaillit de mille bouches insatiables, que de copeaux mastiqués !
La chair de l’écorce mise à nu en roucoulements langoureux, façon climax succions se déployant en copulations torrides et buccales dans un vrai festin burroughsien,
vibrant frémissement scolyte d’outre-espace.
Qui pourtant se laisse entendre, ici, tout près de nous.

[il y aura 391 ans… Ips confusus régnait en maître désormais, mais commençait à décliner. Le chant de la dévastation avait ravagé le piñon depuis des lustres : ni cônes, ni épines, ni fûts, il ne restait rien. Plus d’humains non plus, juste de l’humus. Les coureurs des bois avaient depuis longtemps laissé place aux perce-bois, qui étaient là bien avant eux, qui le seraient après.
Et cette ardeur, comme la lumière. Omniprésente.]

David Dunn
The sound of light in trees (Earth Ear, CD, 2006)
Site
Dendroctone du pin (sounds) | David Dunn (recorder)

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